VISITE DU SAMEDI 3 OCTOBRE 2015 DE CARHAIX-PLOUGUER  ET DE SA REGION.

Visite de la chapelle Notre-Dame du Crann à Spézet.

Cette chapelle du milieu du XVIème siècle est surtout célèbre pour ses vitraux dont 8 sont entièrement d’origine. Ils ont été nettoyés et réparés à plusieurs reprises au XVIIIème siècle au début du XXème siècle et plus récemment en 2011.

Vitrail de la vie de Saint-Jacques de Compostelle.

Retable de Notre Dame placé à gauche du vitrail central du Choeur.

Cette chapelle est aussi remarquable par ses retables du XVIème siècle, de part et d’autre du vitrail central on à des retables étagés, comportant à gauche un triptyque autour de Notre Dame centrale et à droite un triptyque autour de la Trinité centrale.

L’ancien autel est surmonté d’une série de panneaux qui se termine sous les deux retables latéraux. L’équilibre de l’ensemble  du chœur est un peu compromis par le nouvel autel, ce qui est le cas dans de nombreuses églises.

Port Carhaix ce lieu ne porte ce nom que depuis le milieu du XIXème il n’est devenu un port qu’à la construction du canal de Nantes à Brest son nom breton est Pont Kergoat. A l’écluse de Pont Kergoat au déversoir on a un moulin intéressant qui exploite l’énergie de la chute d’eau. Si l’on utilisait le principe à toutes les écluses à partir de Glomel (le point le plus haut du canal) on pourrait exploiter une chute de plus de 180 m pour produire de l’énergie. A l’est une partie de cette énergie est déjà exploitée au niveau du barrage de Guerlédan, mais là on l’exploite massivement et il faut faire de gros équipements qui détruisent l’environnement, pour éviter ce problème il faut à l’instar de la nature, produire de l’énergie par petits paquets.

Le calvaire de Kerbreudeur vu par sa façade ouest.

Façade ouest du calvaire de Saint-Hernin

Les calvaires et enclos paroissiaux de Saint Hernin et de Cléden Poher.

Le calvaire de Kerbreudeur (Ker =village, Breudeur=du Frère) a la particularité d’être situé en pleine campagne loin de toute église il serait le plus ancien de toute la Bretagne. Si on considère la facture et les matériaux utilisés (schistes et granit) il aurait été construit autour de 1450, la plupart des autres calvaires bretons ont été construit au XVIème siècle. Kerbreudeur est voisin du château de Kergoat brûlé et ruiné lors de la Révoltes de Bonnets Rouges menée pour la région de Carhaix par le notaire de Carhaix Sébastien Le Balp né Moulin Meur (Meur=Grand) installé sur l'Hyère appartenant actuellement à Jean Pierre Cesbron originaire de la Digue en Saint-Nicolas de Redon et qui a participé à la naissance du musée de la Batellerie de Redon.

Au moment de la construction du calvaire un fils de  Kergoat menait une vie de débauche à Paris et ce serait sa sœur qui aurait fait construire le calvaire pour racheter ses fautes. Comparé aux autres calvaires celui de Kerbreudeur est très atypique, c’est le seul où la structure de base est construite en simples moellons de schiste. Les scènes sont sculptées sur des blocs de granit, organisés en niche représentant le tombeau du Christ. 6 scènes sont représentées elles représentent les fondements du christianisme. 1- Première scène à l’intérieur Adam et Eve chassé du Jardin d’Eden par l’Archange Gabriel, représente le péché originel. Scène 2- le Baptême de Jésus dans le Jourdain lave du péché originel, 3- dans le fond la résurrection Jésus est venu sur terre pour effacer les péchés du monde. 4- à l’extérieur  du côté nord de la niche La nativité début de la vie de Jésus et les rois mages venus adorer le Messie. 5- Sous la niche une grande frise représente le chemin de croix Jésus monte vers le calvaire pour sauver les hommes. 6- panneau sud l’archange Saint Michel terrasse le démon et libère un enfant, et Sainte Catherine d’Alexandrie avec sa roue il symbolise la lutte permanente entre le bien le mal et les tentations. Enfin les trois croix du calvaire seules les croix des deux larrons sont d’origine. Nous remarquons que de nombreuses scènes sont autour du péché et de la rédemption en ce sens l’hypothèse de la construction commanditée par la sœur d’un pécheur tient la route. On remarque que les personnages représentés sont très expressifs. A l’origine le calvaire n’était pas placé au bord de la route ce sont les remembrements et des modifications du chemin qui l’on amené dans cette situation.

On peut imaginer que les concepteurs, sans modèle d’autres calvaires, ont voulu faire une représentation réaliste du Golgotha et alors ils ont cachés toutes les maçonneries en moellons de schistes sous un monticule de terre et ne serait visible que la façade ouest la niche et les trois croix, ce qui serait encore possible de réaliser aujourd’hui. Le reste de frise sur la corniche droite, représente le bas d’une robe d’une personne assise dans un fauteuil ce serait la partie inférieure d’une Trinité ou de Dieu le père présentant son fils crucifié. Cette scène devait se trouver à l’origine sur le toit de la niche.

L’enclos paroissial du bourg de Saint-Hernin

Le calvaire.

Dans le calvaire de St-Hernin certains personnages sont en kersantite et d'autres plus petits et d'un style naïf sont en Granite.

C’est un calvaire assez simple avec peu de personnages, il est situé au sud de l’église dans l’enclos paroissial où on trouve aussi un ossuaire (cet ossuaire a été déplacé en 1965). L’enclos était autrefois le cimetière. Le calvaire a été construit en deux phases, la première se situe vers 1530, la deuxième vers 1550. Il s’agit d’un calvaire à mace (la mace est la base parallélépipédique qui soutient les trois croix et les scènes éventuelles). On remarque les deux matériaux utilisés ici pour la construction du calvaire du granit gris clair et en noir le kersanton ou plus exactement la Kersantite. On constate que le monument est un peu de guingois, les premières utilisations de la kersantite dans la statutaire bretonne ne débute qu’au XVIème siècle et elle n’est abondamment utilisée qu’à partir de 1550, c’est une roche rare en Bretagne, (ce qui fait la rareté de cette roche c'est qu'elle naît de la rencontre d'un magma sombre et d'un magma clair qui ont des comportements opposés et ne se rencontrent de ce fait que très exceptionnellement), on ne trouve cette roche que dans la presqu’île de Plougastel près de la rade de Brest.   On remarque que les statues sont de deux sortes: des petites, d'une facture naïve en granite, elles sont du même style que les statues des 2 larrons du calvaire de kerbreudeur  (au point que j’ai émis l’hypothèse que la croix du Christ serait avec son fût celle du calvaire de Kerbreudeur remplacée par une plus petite), et des grandes en kersantite, l’ensemble a un peu un air de bricolé.

En kersantite au même niveau les deux larrons et sur la traverse soutenue par 3 marmousets, à gauche en kersantite Marie à droite beaucoup plus petite en granite Marie Madeleine portant un pot d'onguants, on trouve la même disposition dans les calvaires de Braspart et de Motreff, mais seul le calvaire de Motreff est entièrement en granite et les marmousets sont placés aux 3 sommets d’un triangle équilatéral et sont tous trois au même niveau, et les personnages au pied de la croix sont disposés sur un cercle. A Saint Hernin et Braspart ils sont disposés dans un plan. Ces trois calvaires sont de même style, le plus ancien serait celui de Saint Hernin première construction en 1530, celui de Braspart serait de 1552 et celui de Motreff serait de la fin du XVIème. Ce serait le calvaire de Saint Hernin qui aurait servi de modèle pour les 2 autres calvaires, la construction des 3 calvaires s'étale sur près de 70 ans il n'ont sans doute pas été construit par le même architecte.

L’église : première construction au XVIème siècle,  probablement contemporaine de la première construction du calvaire, reprise au XVIIème siècle et restaurée en 1856. Elle est très belle  en forme de tau elle comporte un pignon ouest avec un beau clocher à flèche très fine en parfait équilibre avec la façade ouest, au-dessus du portail on a un certain nombre de sculptures, Dans une niche au centre au-dessus du portail Ouest, on a Le Christ ressuscité qui montre de sa main droite sa blessure au flanc droit. Au-dessus de la niche Saint Georges (qu'on peut différencier de l'Archange Saint Michel bien que les deux soient représentés terrassant le dragon ou un démon par l'absence d’ailes chez Saint-Georges qui n'est pas un archange ni un ange) tue de sa lance un démon. De part et d’autre deux niches, seule celle du nord comporte une statue, celle du sud est vide, la statue a été volée  dans les années 1970 probablement par la filière belge qui sévissait à l’époque dans l’ouest de la France.

Le porche sud est très beau il comporte en pignon dans une grande niche monumentale  une petite statue naïve de Saint-Hernin dessous on lit une inscription "S. Hernin. Pr P. No(u)s. E. Lozech Recteur 1632". Nous remarquons que cette statue est de la même facture que les statues de granit du calvaire. On peut penser que cette statue est plus vieille que le porche de 1632 et daterait de la première construction de l’église, ceci permettrait d’expliquer l’inadaptation de la niche aux proportions de la statue. On remarque sur le portail que les constructeurs ont eu un problème avec leur arc en anse de panier peut être trop chargé par la niche de Saint-Hernin, la maçonnerie Est a été déviée on constate que les blocs ne sont plus horizontaux. Ceci permet une remarque intéressante sur le mode de taille du portail, on constate que les blocs l’entourant sont taillés en tenant compte de cette déformation ce qui veut dire que la taille des blocs se termine après leur pose.

A l’intérieur nous avons un certain nombre de statues anciennes mais la rareté est de 1791 il s’agit de confessionnaux dont 1 dans le transept sud au-dessus de la porte centrale comporte un bonnet phrygien, mettant en évidence la tendance pro républicaine plutôt de gauche de la région de Carhaix. Marquée dès le XVIIème siècle par la révolte des Bonnets rouges et dans les années 1970 par l’élection d’une municipalité communiste et continuée par Christian Troadec le turbulent maire actuel créateur du festival des Vieilles Charrues de renommée internationale et meneur du mouvement breton des Bonnets rouges.

L’enclos paroissial de Cléden-Poher.

Le calvaire de 1575,

A gauche le calvaire de Cléden Poher, vu par sa face ouest.

Ci-dessus face est la scène du portement de croix.

On pourrait qualifier le calvaire de Cléden-Poher de petit  « grand calvaire breton » parce qu’avec ses 27 personnages et son style il s’apparente à celui de Saint Thégonnec. Une remarque : si 26 des personnages représentés sur le calvaire ont pris part à la passion du Christ, Saint-Paul n’y était pas il n’a été converti qu’en l’an 37 sur le chemin de Damas.  La mace du calvaire et les deux piédestaux des cavaliers romains sont en granite. Tout le reste est en kersantite.  

Les  personnages regardent sur toutes les faces, sauf  la sud.

Les scènes 

Face ouest de bas en haut les trois croix, au centre celle du Christ en Croix, plus haute que celles des larrons. Des anges hématophores recueillent le sang coulant des plaies du Christ 2 sous les mains et 2 sous les pieds, c’est ce sang qui est à la base du mythe du Graal. La croix comporte à son  pied une traverse, on y trouve face ouest à droite du Christ, Marie, et à sa gauche Saint-Jean. Les deux larrons sont sur la croix à ce niveau à droite le bon à gauche le mauvais (à l’époque du Christ dans les présages ce qui venait de gauche ou sénestre était considéré comme néfaste, sénestre a donné sinistre). Plus bas se faisant face les deux soldats romains Longins à droite et Stephaton à gauche, tous deux à cheval chacun placé sur un piédestal, dessous au niveau de la surface supérieure de la mace la piéta Marie tient sur ses genoux le Christ mort, à sa droite Joseph d’Arimathie et à sa gauche Marie Madeleine tenant main gauche un pot d’onguents.

Face est : de haut en bas, croix centrale : Dieu le père présente,  le christ ressuscité. Sur la traverse : au sud Saint-Pierre, au nord Saint-Paul, sur le fût de la croix la vierge couronnée. Au niveau de la mace le portement de croix.

Face nord : la flagellation de Jésus.

On constate une évolution des calvaires dans le temps à mesure qu’on avance on passe peu à peu des personnages et des croix entièrement en granite à toute la partie supérieure des monuments au-dessus de la mace, en kersanton. Quant au calvaire de Braspart il est entièrement en kersanton.

L’église ainsi que l’ossuaire ou chapelle mortuaire sont du XVIème siècle. Dans l’église le retable est de style hollandais il est du XVIIème siècle.

Avant de quitter l’enclos paroissial de Cléden-Poher il est intéressant de jeter un coup d’œil sur la fontaine qui s’appuie sur la clôture sud de l’enclos. Elle comporte une sculpture contemporaine du sculpteur breton Patrig ar Gouarnig représentant la légende de la ville d’Is.

Si vous voulez des informations complémentaires sur ces trois calvaires ou bien d'autres vous cliquez sur cette ligne qui vous envoie sur mon site.

 

Carhaix et Aqueduc gallo-romain.

1 Carhaix en 15 avant JC, sur ordre d’Auguste, les romains fondèrent une nouvelle ville Vorgium, suivant son plan romain en équerre. Elle était desservie par 7 à 10 voies romaines. Elle fut la capitale des Osismes. Il y eu une romanisation des tribus gauloises locales. Le site gaulois de Saint Symphorien fut abandonné à cette époque, les responsables gaulois exercèrent des fonctions en ville. Les fouilles ont montré la richesse et le prestige de Carhaix du 1er au 4ème siècle.

A gauche la route coupe l'aqueduc dont on voie la coupe. A droite sortie de l'aqueduc au niveau de Kervoaguel où il passe en souterrain sous la colline.

2 l’aqueduc : Carhaix étant au sommet d’une colline les puits étaient profonds et ne suffisaient pas pour avoir de l’eau courante. On a construit d’abord un aqueduc de 11 km mais son débit était faible en été et sa source ne fournissait pas assez d’eau toute l’année. On fit un deuxième aqueduc pour aller puiser de l’eau de sources plus lointaines de 27 km. L’écoulement de l’eau dans l’aqueduc romain se faisait par gravité, l’aqueduc pour conserver une pente régulière devait suivre les courbes de niveau et pour franchir les vallées l’aqueduc devait les contourner.

Il alimentait les thermes quelques particuliers et les fontaines publiques ou la plupart des habitants de Vorgium venaient prendre leur eau. L’eau de l’aqueduc servait aussi à nettoyer les égouts. La source de l’aqueduc sert encore de nos jours à alimenter la région.

L’affaiblissement de l’empire à la fin du 3ème siècle les romains abandonnent Vorgium et au début du 4ème siècle l’aqueduc ne fonctionnait plus, pour fonctionner l’aqueduc demandait beaucoup d’entretien on dit qu’un aqueduc romain était un chantier permanent.

 

Notre groupe et notre guide au niveau de Kervoaguel.

Il a fallu attendre 1924 pour que l’eau courante soit à nouveau installée.

3 l’église de Plouguer du XIème siècle (c’est à la révolution de 1789 que  le territoire de Plouguer et de Carhaix fut séparé en deux paroisses et deux communes et il faudra attendre 1956 pour qu’elles soient à nouveau réunies en la commune de Carhaix-Plouguer). L’église fut restaurée vers 1530, elle fut victime d’un incendie en 1923. Il y a dans les murs de l’édifice surtout du côté nord des blocs de béton romain (caractérisé par la présence de fragment de tuile romaine. Il reste 4 fenêtres romanes et dans la nefs des piliers surmontés d’arcs plein cintre séparant la nef centrale des collatéraux.

La maison du sénéchal de 1587 fut rénovée au XIXème siècle héberge aujourd’hui l’Office du tourisme.

4 Il y a du redonnais à Carhaix,

En 1108 un vicomte du Poher fit une donation pour le salut de ses parents qui permit de créer un prieuré succursale de l’Abbaye Saint-Sauveur de Redon.

5 Jean Pierre Cesbron qui a participé à la création du musée de batellerie de Redon et originaire de la Digue en Saint-Nicolas de Redon. Restaure le Moulin Meur lieu de naissance du notaire de Carhaix Sébastien Le Balp le meneur de la révolte des Bonnets rouges en 1675  (Bonnedou Ruz comme en parlaient en breton, les anciens de la région il n’y a pas si longtemps tant le souvenir en est encore tenace) cette révolte fut structurée et violente mais la répression fut implacable on créa une garnison à Carhaix.

6 Un carhaisien au Panthéon, son nom est inscrit sur l’arc de triomphe du Carrousel, La Tour d’Auvergne.

(1743-1800). Il s’illustra dans l’armée sous l’ancien régime et ensuite sous la révolution, En retraite il accepta de partir comme simple soldat remplacer le fils de son professeur de breton dont tous les autres enfants étaient morts. Il fut tué à la bataille d’Oberhausen en Bavière sur le Rhin. Pour l’honorer il fut nommé premier grenadier de France. Son nom fut inscrit  sur l’arc de Triomphe du Carrousel (face au Louvre) et son cœur aux Invalides, pour célébrer le 100ème  anniversaire de la révolution française sa dépouille a été mise au Panthéon.

Aujourd’hui Carhaix-Plouguer est connue,  par le Festival des Vieilles Charrues et par son créateur son Maire Christian Troadec il est aussi un des meneurs du mouvement des Bonnets Rouges actuel.