1

VISITE DE LA CITE MEDIEVALE DE GUERANDE ET DE PIRIAC-SUR-MER

LE 18 MAI 2011.

Bravo à l’APPHR d’avoir choisi ces deux sites qui ont motivé les 58 adhérents à se déplacer par ce soleil radieux.

Guérande

Les retraités n’étaient plus dans leur jardins, ni devant leurs télévisions. Ils étaient tous à Guérande par groupes compacts dans les rues, à la collégiale, dans les magasins, c’était la grande sortie de printemps.

Anne-Lise une sympathique guide toute souriante mit sa large compétence historique pour nous faire découvrir pas à pas les trésors de sa ville.

I Guérande au fil des siècles.

Préhistoire

-5000 à -2000 av JC/Néolithique : Sites mégalithiques de Sandun ou Bissin témoignent de la culture bâtisseuse de cette époque de la façade atlantique (bretagne, Pays de Retz…)

-2000 à -700 av JC/Bronze : Déjà l’exploitation du sel par la technique de la cristallisation au feu d’une saumure obtenue par le lessivage des sables des grèves.

-700 à -50 av JC/Fer : Fin de l’indépendance gauloise. Identification des bouilleurs de sel, Fours à grille.

Epoque romaine/II au IVème siècle : Le site de l’antique cité gallo-romaine de Granonna est attesté par les fouilles archéologiques : fours à sel, mur en petit appareil, témoin visible d’un vaste site antique de la période romaine.

Entre le II et le IVème siècle : développement des marais salants par évaporation Solaire.

Evangélisation du pays par le premier évêque de Nantes (Saint Clair) au IIIème siècle.

Moyen âge/ Vème XVème siècle

La naissance de la paroisse est attribuée à Waroc’h qui  aurait construit au VIème siècle un baptistère (traces des assises dans la chapelle ou crypte de la collégiale).

Les premiers textes de 848 mentionnent une église du nom de Uuenran (nom breton, le blanc pays) renfermant les reliques de Saint Aubin.

Au IXème siècle Guérande aurait été le siège d’un évêché temporaire puis d’un collège de chanoines. Important centre religieux, la seigneurie de Guérande est partagée entre l’évêque de Nantes et le duc de Bretagne.

Au Xème et XIème siècle de nombreux raids des Vikings qui sont intéressés par la ville déjà riche et peuplée.

1342 1381 : guerre de succession de Bretagne la collégiale romane est en partie détruite lors « du sac » de 1342 et reconstruite sous l’impulsion de la dynastie des Montfort ainsi que l’imposante enceinte urbaine (remparts) du XIV au XVème siècle.

Premier traité de Guérande (12 avril 1365) paix avec le parti de Charles de Blois.

Second traité de Guérande (4 avril 1381) Jean IV de Montfort est reconnu duc de Bretagne par le roi de France.

Renaissance/XVème siècle.

Au XVème siècle c’est l’âge d’or de Guérande qui est devenu le centre religieux, administratif et économique grâce à la production  et l’exportation du vin ainsi que le commerce maritime du sel. En effet les salines guérandaises se développent la cristallisation du sel s’opère dans des œillets situés dans le cœur de la saline et le coteau de Guérande a été favorable à la culture de la vigne de Piriac à Pornichet.

La flotte guérandaise compte 269 unités les producteurs exportent eux mêmes leur sel, stimulant un cabotage vers Nantes et Redon (d’où la route du sel) et le trafic des vins. La ville approche les 3000 habitants. En campagne une aristocratie rurale construit des manoirs en associant au domaine agricole chapelle et moulin à petit pied.

Le déclin/XVIème -XVIIème

A la fin du XVème le commerce et la navigation guérandais reposent trop sur des bases artisanales et en plus l’affaiblissement du sel comme monnaie d’échange font perdre à Guérande sa puissance maritime.

L’envasement des étiers accélère le transfert de la vie portuaire sur des sites littoraux voisins comme le Croisic et le Pouliguen. C’est la fin de la puissance maritime de Guérande.

Sa puissance économique affaiblie Guérande reste le centre religieux et administratif de la région.

Une communauté d’officiers du roi, de chanoines, d’aristocrates et de marchands fait émerger dans l’enceinte médiévale une architecture classique et sobre.

Des hôtels particuliers avec jardins clos de murs (hôtel du Tricot, de la Grillère sont érigés).

Accueil en 1590 (pendant les guerres de la Ligue) du présidial de Nantes resté fidèle à Henri IV.

1625l’accueil des Etats de Bretagne.

Dans les années 1760, le duc d’Aiguillon commandant en chef de Bretagne fait combler une partie des douves et agrémenter les boulevards de promenades mais le ministre de la guerre de Louis XIV ordonne de conserver les remparts afin de contribuer à la défense de la Province en cas d’invasion par l’ennemi anglais, ce qui a sauvé la ville close à l’intérieur de ses remparts.

La réforme de 1799 fait perdre à Guérande son statut de « capitale » administrative et judiciaire au profit de Savenay.

L’ESSOR DU TOURISME/XIXème- XXème SIECLE.

Au XIXème siècle Guérande vit repliée dans ses remparts mais Honoré de Balzac écrit « Guérande magnifique joyau de la féodalité n’a d’autre raison d’exister que de ne pas avoir été démolie.

Ayant perdu l’essentiel de ses fonctions administratives et étant à l’écart des expansions industrielles de Saint-Nazaire Guérande a pris conscience de l’exceptionnel patrimoine de la ville. La collégiale et l’enceinte urbaine sont classées monuments historiques. A partir des années 1960 le développement du tourisme de masse redonne à la ville tout son dynamisme.

2

II PARCOURS DECOUVERTE DU PATRIMOINE.

Anne-Lise nous fait pénétrer dans l’enceinte de la ville et nous explique pas à pas depuis la Porte Saint-Michel jusqu’aux églises (Saint-Aubin et Notre-Dame la Blanche) le passé médiéval de Guérande.

LA PORTE SAINT-MICHEL.

Principale entrée de la ville, elle est plutôt une forteresse qu’une simple porte. Bâtie sous François II, elle est l’ancienne demeure du gouverneur. Deux grosses tours semi-circulaires l’encadrent et la protègent. Leur partie basse composée de belles pierres de taille est percées d’ouvertures destinées suivant les formes soit à des bouches à feu, soit à des archers. La partie haute à mâchicoulis avec triple rangées de corbelets est surmontée de toits d’ardoise (XVIème –XVIIème siècle). La porte comprend deux ouvertures : la porte charretière et le guichet réservé au piétons . Un pont levis fermait l’accès à la ville.

LA RUE SAINT-MICHEL.

Elle constitue l’axe commerçant de la cité avec ses maisons à étages en granit ou en crépi.

A gauche la rue de la juiverie. Au Moyen Âge (13ème siècle) les juifs, peu nombreux en Bretagne, participent à l’activité économique des cités comme marchands et prêteurs.

A Guérande un acte de 1236 atteste de leur présence.

En 1240 par l’ordonnance de Ploërmel le duc Jean Ier Le Roux bannit les juifs de Bretagne.

LA COLLEGIALE SAINT-AUBIN .

L’EGLISE PRIMITIVE.

VIème siècle : Seul subsiste un sarcophage découvert sous le chœur .

850 l’Eglise est mentionnée comme siège d’un évêché.

862 Elle serait devenue collégiale à l’initiative du roi Salomon II.

EDIFICE ACTUEL.

Fin du XIIème siècle : Première construction en style roman.

Milieu du XIIIème siècle Chapelle base à voûte gothique qui renferme la pierre tombale du seigneur du Dréseux et le gisant en granit de Tristan de Carné et son épouse Jeanne de la Salle.

1342 l’église romane est incendiée lors du sac de Guérande. Seul subsiste la nef et les piliers de style roman.

Fin XIVème siècle et début du XVème siècle : Nouvelle construction de style gothique flamboyant. Les arcs sont supportés par les colonnes romanes dans la nef. Le porche de style flamboyant est orné de pinacle et de lucarnes. Le chœur profond du XVème siècle à collatéraux s’ouvrant sur 4 chapelles du XVIème siècle. Il est éclairé par une un superbe fenêtrage du XVIIIème siècle.

1872 La façade principale (côté ouest a été entièrement reconstruite. Le seul vestige des XVème et XVIème siècles est la chaire extérieure. L’édifice reçoit également ses voûtes en pierre au XIXème siècle et l’essentiel de ses vitraux.

Vue de la collégiale par sa façade ouest avec la chaire extérieure.

Partie d’un chapiteau de pilier roman sculpté.

LA CHAPELLE NOTRE-DAME LA BLANCHE (XIVème SIECLE).

Son origine semble antérieure à 1348 date de sa reconstruction par Jean de Montfort.

La chapelle est simple composée d’une nef unique formée de cinq travées.

En 1342 lors de la guerre de succession de Bretagne la ville qui soutient Jean de Montfort est prise par Gautier du Mauny (du parti de France) et brûlée par Louis d’Espagne. Une partie de la population ayant été massacrée, Jean de Monfort ordonne en 1343 à son lieutenant Guillaume du Verger, de faire creuser les fossés et d’élever de fortes murailles autour de la ville. Son fils Jean IV qui y serait né signe la paix le 12 avril 1365 avec le parti de Charles de Blois (tué à la bataille d’Auray  le 29 septembre 1364) devant le grand autel de Saint Aubin.

3

Le premier traité de Guérande consacre la victoire provisoire du parti des Montfort et des Anglais mais il faut attendre le siège avorté d’Ollivier de Clisson en 1379 et le

Second traité signé cette fois en la chapelle Notre-Dame la Blanche le 4 avril 1381 pour que Jean IV (qui doit prendre ses distances par rapport au Anglais) soit véritablement reconnu duc de Bretagne par le roi de France.

LES REMPARTS

La porte de Saillé.

1343 première construction en appareil de granit pour les parties les plus anciennes.

1460 à 1476 Les remparts sont presqu’entièrement refaits ou renforcés sous le règne de François II.

L’enceinte fortifiée est l’une des mieux conservées de France, la plus complète de Bretagne. Six tours et 4 portes complètent cet ouvrage militaire.

Avec notre sympathique guide Anne-Lise nous avons emprunté le chemin de ronde qui fait dans son entier 1300m environ de courtines.

Les remparts, porte Saint-Michel

PIRIAC

Après notre visite culturelle à Guérande, nous partons admirer la petite cité de Piriac face à la mer et à l’île Dumet. Son histoire est longue et débute avec l’arrivée des premiers bretons en Armorique.

VIème SIECLE : un chef breton nommé Waroc’h arrivant de Vannes débarque sur la côte et baptise l’endroit Pen Kiriak qui signifie « pointe mauvaise », la côte est dangereuse pour la navigation.

IXème SIECLE : Le vignoble piriacais commença à prendre son essor sous l’impulsion des religieux de l’abbaye de Redon qui disposaient alors de domaines importants à Piriac.

XVIème SIECLE : Piriac fut un haut-lieu du protestantisme, il en reste la rue des huguenots et  la chapelle Notre-Dame du Rosaire.

XVII – XVIIIème SIECLE : La pêche est l’une des principales activités économiques dont la pêche à la morue. Ce qui a permis le développement du village.

XVIIIème SIECLE : Construction de l’église actuelle qui repose sur les fondations de 4 églises du VIème, XIème, XIVème siècle. Au XIVème siècle une crypte sous l’autel abritait les tombeaux des seigneurs de Tournemine jadis suzerains du pays. Les tombeaux ont été détruits à la Révolution.

XIXème SIECLE : Le tourisme est ici relativement ancien des écrivains célèbres dont :

Alphonse Daudet qui séjourna à Piriac en 1874 où il préparait un nouveau roman « Jack » dans l’hôtel des voyageurs face au port (actuellement restaurant de la Vigie).

Emile Zola qui écrivit  « les coquillages de M. Chabre » dont l’action se déroule à Piriac. Le livre est en vente dans le bureau de presse du village. Egalement sont venus Gustave Flaubert, Maxime du Camp, Léon Daudet. Sans oublier Bécassine qui est née à Piriac…

XXème – XXème SIECLE : Dans le port les bateaux de plaisance ont remplacés les bateaux de pêche. Aujourd’hui environ 30000 estivants viennent profiter des côtes piriacaises du soleil pendant l’été.

Yvan Maugendre.

Piriac-sur-Mer.

4

Vue panoramique à partir du fond de la nef de la collégiale Saint-Aubin, remarquez les chapiteaux sculptés des piliers romans.

Ci-dessous à gauche les remparts fleuris de valérianes roses et blanches.

A droite la chapelle Notre-Dame la Blanche vue par le chevet (lieu de la signature du 2ème traité de Guérande)