ROCHEFORT EN TERRE

MERCREDI 15 AVRIL 2015

Malgré quelques déviations dues à des travaux autour de Malansac, nous arrivons au but de notre périple : l’entrée actuelle du château de Rochefort en Terre où nous attend notre guide Monsieur Denis Danilo, natif du pays et spécialiste du patrimoine local.

Sous un soleil radieux et une chaleur exceptionnelle pour la saison, nous découvrons le site choisi pour édifier une forteresse permettant de contrôler la voie de passage de Malestroit à La Roche Bernard.

En effet, Rochefort est construite sur un promontoire schisteux. Elle domine la vallée du Gueuzon, affluent de l’Arz, à l’extrémité des Landes de Lanvaux.

On a une vue magnifique sur la « Grée », barrière de schiste hérissée de rochers, qui se colore d’ajoncs ou de bruyère suivant les saisons.

Une place forte existe depuis 1118 sous le seigneur Abban de Roche-fort, puis la famille des Rieux-Rochefort engagée près du duc de Bretagne. Jean IV de Rieux reconstruit le château qui avec les guerres de la Ligue et la Révolution devient une ruine.

Notons qu’à la Révolution, Rochefort devient chef-lieu de district et prend le nom de la Roche des Trois à la suite du massacre en mars 1793 de trois patriotes.

En 1907, un jeune peintre américain est attiré par le charme de Rochefort comme de nombreux peintres à l’époque et achète les ruines. C’est Alfred Patrice Klots. Il transforme les communs en manoir avec des pierres des environs et notamment celles du château de Keralio. Très attaché au pays, il crée en 1911 le premier concours des « Maisons fleuries ». Son fils Trafford sera le dernier châtelain.

(Ci-dessus la façade principale du château actuel et au premier plan le très beau puits)

Nous traversons la cour et à partir de la terrasse jouxtant l’ancien atelier du peintre, nous admirons cette petite cité bâtie au pied du château et cernée par des remparts dont il reste trois portes : porte Saint Michel (détruite) porte Cadre et porte de l’Etang.

Ci-dessus la porte Cadre.

Là notre guide évoque le passé artisanal de la ville, forgerons, potiers, tanneurs et surtout ardoisiers : extraction du schiste puis fabrication des ardoises, scieurs et fendeurs.

Située sur Malansac, en 1900, le chantier était connu sous le nom de Compagnie des Ardoisières de Rochefort en Terre. Les difficultés d’ex-ploitation et la concurrence obligent à sa fermeture au début de XXème siècle.

Nous descendons en passant porte Cadre (ci-dessus) vers la collégiale devenue église paroissiale, connue sous le vocable de Notre Dame de la Tronchaye. Selon la légende une bergère découvrit cette statue au creux d’un tronc d’arbre ce que représente le beau vitrail de 1927. C’est un édifice irrégulier à demi enfoui sous les terres du cimetière et ayant subi de nombreuses transformations au cours des siècles : du XIème restent les vestiges romans. Elle est remaniée au XVIème. Remarquables, le jubé, les statues, celle en bois polychrome de Sainte Françoise d’Amboise.

Ci-dessus l’ancien retable qui séparait du XVIIème siècle à 1924 la nef et le choeur, remonté dans l’arrière choeur.

On remonte vers la rue principale en admirant au passage les maisons à pan de bois, les architectures en pierre de style gothique, les hôtels particuliers, témoins d’un riche pas-sé. La Paumelle, maison à pans de bois à colombage,

Ci-dessus la porte de l’ancienne sénéchaussée, avec la balance symbole de la justice, devenue l’office de tourisme de Rochefort en Terre.

la place du puits avec la maison de justice (office de tourisme) à qui était le tribunal comme l’indique la balance sculptée sur le côté, la tour du Lion et le café breton.
Nous arrivons aux anciennes halles en fer à cheval (photo du titre) ouvertes sur la place, centre du commerce et des marchés.

Nous quittons notre guide qui par son savoir et son enthousiasme a su nous transmettre sa passion pour cette petite « Cité de caractère ».

Un temps libre permet à chacun de flâner ou de se désaltérer.

Des maisons remarquables dont le manoir à Echauguette ou à tourelle pentagonale en façade (XVIème siècle).

Les organisateurs nous ont préparé un retour vers Redon plein de découvertes, vers Saint Gravé.

Par de jolies petites routes verdoyantes et fleuries, nous découvrons le manoir de Brecehan du XVème ayant appartenu en 1840 à Hyacinthe Dondel de Faouëdic, au-jourd’hui propriété du redonnais Monsieur de Caslou.

Nous arrivons ensuite à la chapelle de la Bogerais, gothique Renaissance,

autrefois dédiée à la Sainte Trinité comme l’atteste les curieuses sculptures du fronton (ci-dessous).

Elle était sous le patronage de saint Cyr et sainte Julitte, maintenant saint Sixte. Une association la fait vivre et y organise une fête annuelle en mai.

Dernière découverte et non la moindre, le dolmen des Follets, au lieu-dit le Beauchat, chambre rectangulaire formée par cinq piliers portant une grande dalle. De type angevin, il date du néolithique, 3 000 ans avant JC.

Ce fut donc une superbe promenade, que de richesses à voir ou revoir dans notre pays.