DECOUVERTE DU NEOLITHIQUE

A TRAVERS DES MEGALITHES INSOLITES

CARNAC – LE 6 JUIN 2015

I DEPART VERS CARNAC

7h45, nous sommes tous rassemblés devant le cinéma Manivel. Le ciel est bleu métallique, sans nuage, promesse

compte. Durant la journée, elle nous comptera 7 fois pour toujours arriver au chiffre invariable de 39, malgré les arrêts pipi.

II CARNAC – EGLISE SAINT CORNELY (XVIIème siècle)

Le car s'arrête dans le centre ville, non loin de l'église que nous allons visiter. Notre guide Cyrille Chaigneau nous prend en charge pour toute la journée.

L'église s'ouvre sur la place centrale par un porche flanqué de colonnes doriques surmonté d'un curieux baldaquin en pierre ajourée qui se termine par une couronne royale et une croix.

L'intérieur de l'église plongé dans le noir, pas de lumière... (ordre de Monsieur le curé qui est allergique aux touristes) est divisé en deux lignes parallèles par de gros piliers ronds.

Au plafond, les lambris décorés de panneaux peints sont malheureusement invisibles et pour cause...!

Nous pouvons, cependant, admirer la chaire et la grille du choeur en fer forgé.

A gauche du choeur le buste reliquaire en bois de Saint Cornély.

Cornély n'a jamais été sacré à Rome. L'Eglise a voulu le confondre avec Saint Corneille, pape romain martyrisé en 253.

Saint Cornély est un saint du terroir qui guérit les bêtes à cornes. Il est aussi vénéré dans plusieurs paroisses de Bre-tagne.

d'une belle journée. Le vent reste très frais et la température basse pour un mois de juin (7°).

Nous montons dans le car et avant de partir notre brave conductrice nous

Le plafond de la nef centrale

III MUSEE DE LA PREHISTOIRE

Notre guide nous présente l'origine de ce musée.

Jean MILN, archéologue écossais, commença une collection en 1882. Zacharie LE ROUZIC (1864-1939) fils d'un tisserand carnacois, inté-ressé par les vieilles pierres, fut en-gagé par MILN qui lui confia, à sa mort, sa collection complète d'ob-jets du NEOLITHIQUE. Ce fut le dé-but du musée préhistorique.

Remarque : Zacharie le Rouzic bien que formé sur le tas en archéologie a été le premier en France à appliquer sur le terrain de véritables techniques d’archéologie scientifique de fouilles.

La PREHISTOIRE (avant l'Histoire) est une très longue période qui couvre plusieurs milliers d'années et qui se termine vers -3300 av. JC avec les premières traces d'écriture en Méso-potamie.

Pour mieux comprendre cette longue évolution, voici quelques points forts de cette merveilleuse aventure.

-La première grande période est le

PALEOLITHIQUE (-2,5 millions à – 10000 ans av JC) où les outils sont en pierre taillée.

-La deuxième période ( celle qui nous inté-resse) est le NEOLITHIQUE (-10000 à – 3000 av JC) où les outils sont alors en pierre polie.

-Il faut signaler qu'en Bretagne, bien avant la civilisation des mégalithes vers 600 000 ans av JC, a été retrouvé le site le plus ancien, découvert en 1980 à Saint-Malo de Phily au sud de l'Ille et Vilaine.

-Monsieur Cyrille Chaigneau nous détaille la période dite du NEOLITHIQUE qui s'est déve-loppée au Proche Orient dans le croissant fertil à partir de -10 000 av JC.

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a) LA REVOLUTION NEOLITHIQUE/LA PIERRE POLIE/ LA CIVILISATION DES MEGALITHES

Vers 8000 av JC, le climat se ré-chauffe, les millénaires passent...! et la longue migration des hommes des mégalithes partant du sud (Espagne/Portugal) remonte le long des côtes atlantiques jusqu'en Bretagne et au delà en Angleterre, Ecosse, Irlande.

Nous sommes alors vers 5000-4500 av JC. En Bretagne, cette civilisation dite des MEGALITHES est marquée par une grande concentration de menhirs, sépultures (dolmens, tertres, tumulus, allées couvertes).

L'activité artisanale se diversifie (tissage, céramique, taille et polissage de la pierre).

b) LES OBJETS EXPOSES

-La visite se poursuit selon un ordre chronologique et thématique.

-Le musée rassemble plus de 500 000 objets allant du Paléolithique au Moyen-Age.

-Pour le Néolithique, les objets expo-

Ci-contre le su-perbe collier en callaïs de la va-riscite d’origine ibérique démon-trant que les échanges entre les différents peuples néoli-thiques pou-vaient se faire à l’échelle du con-tinent européen.

sés sont très divers. Lames de haches polies en jadéite ou fibrolite, petits poignards en pierre polie, épingles, pendentifs et colliers en callaïs (pierres vertes), poteries diverses.

-nous apercevons également une grosse pierre pour le polissage des outils et qui porte encore de pro-fondes entailles laissées par le frotte-ment régulier de la pierre sur pierre. Ce travail pouvait durer de quelques heures à plusieurs jours.

Polissoir de hache

IV RESTAURANT LE TUMULUS

Situé au pied du Tumulus Saint-Michel sa grande salle offre au regard un im-mense panorama sur la mer.

Après l'apéritif, nous dégustons un éventail de succulents poissons.

V TUMULUS SAINT-MICHEL

Avec notre guide, nous escaladons le plus remarquable et imposant monu-ment du Morbihan.

-Sous la forme d'une butte de pierre, il mesure 125m de long, 50m de large et 10m de hauteur.

-Les tombes et le dédale de galeries ont été fouillés entre 1900 et 1907 par l'archélologue Zacharie LE ROU-ZIC.

-Le caveau central renfermait un splendide mobilier funéraire : des haches polies en jadéite et fribolite, un collier en variscite verte (ou cal-laïs) certainement porté par un

haut personnage de Carnac, une élite princière.

-Une magnifique fresque fait le tour du mur intérieur de la chapelle. Elle représente l'évolution de l'homme depuis la Préhistoire jusqu'à nos jours.

Ci-contre la salle du restaurant Le Tumulus, Une extension de la maison que Zacharie le Rou-zic avait fait construire, près du Tumulus Saint-Michel

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VI VISITES DE SITES REMARQUABLES

-Nous reprenons le car pour visiter les différents alignements, menhirs, tumu-lus, dolmens.

-Carnac à lui seul compte plus de 3 000 menhirs sur son sol dans une France qui compte aujourd'hui 6000 menhirs et 4500 dolmens.

-Les monuments mégalithiques connus actuellement ne représentent qu'une fraction de ce qui a pu exister à l'apogée de cette culture.

-Au cours des âges beaucoup furent détruits par les hommes qui les ont utlisés comme carrières de pierres ou encore submergés, par la montée de la mer (plus basse à l'époque néolithique).

a) LES ALIGNEMENTS

-les alignements s'étendent sur plus de 4 kilomètres , les plus grands sites sont :

-les alignements du MENEC/DE KER-MARIO/DE KERLESCAN

-chacun de ces alignements contient

Ci-dessus les alignements du Menec vers 1912 extraite du livre de Zacharie Le Rouzic « Les Monuments Mégalithiques de Carnac et Locmariaquer. »

hauteur décroissante à mesure que l'on s'éloigne de l'origine.

-Pour l'alignement de Kermario, les archéologues ont découvert près du plus grand menhir dit "au serpent", 5 haches en diorite, plantées vers le ciel.

plus de 1000 menhirs sur une dis-tance de 1000 à 1500 mètres

-La taille des pierres diminue pro-gressivement, passant de 4m à 1mètre. Dans tous ces alignements en général les menhirs sont de

a) LES DOLMENS

-Nous visitons 2 grands dolmens :

-Dolmen de MANE CROC'H : c'est un dolmen à couloir. Ce type de sé-pulture a été construit depuis le Vème millénaire (avant JC donc il y a près de 7000 ans).

Les époques préhistoriques sont re-latives, les occupations de l’humani-té de l’Europe se faisant à partir de l’Afrique en passant par le Moyen Orient, plus l’on va de l’ouest vers l’est en Europe plus le début des pé-riodes préhistoriques est ancien, ainsi le Néolithique commence au Moyen Orient au 7ème Millénaire avant JC alors que pour nous en Bre-tagne il ne commence qu’au 5ème Millénaire avant JC.

-Dolmen de CRUCUNO : la table est posée sur 9 pierres debout et pèse 65 tonnes. Ce sont des monuments funéraires collectifs.

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c) MENHIRS ISOLES

-l'apogée du mégalithisme se situe vers 3500 av JC, les pierres sont de plus en plus hautes et imposantes.

Ici notre groupe près d’un des men-hirs géants des alignements de Kerzhero (contrairement à ce qu’on peut comprendre au premier abord, quand on lit Kerzhero il ne s’agit pas d’un village nul mais du village des chênes). Généralement les menhirs les plus grands sont les plus anciens.

-Le grand menhir brisé de Locmaria-quer était le plus grand jamais érigé. Il faisait 25 mètres de haut avec un poids de 280 à 300 tonnes. (ce men-hir faisait partie d’un alignement de menhirs géants dont on a retrouvé sur le site les traces des fosses et les pierres de calage. Les emplacements de ces menhirs sont matérialisés au sol par des cercles en gravillonnés dans une surface en pelouse.)

6m de haut et pour le souvenir de cette belle sortie la photo était de mise devant ce monument du Néoli-thique.

-Nous avons pu admirer en particu-lier le menhir du Manio. Il mesure 6m de haut et pour le souvenir de cette belle sortie la photo était de mise devant ce monument du Néolithique.

VII CARNAC EN 2015

-Sur les 70 agriculteurs du siècle dernier, il n'en reste plus que 7 et de ce fait plus de 600 hectares ne sont plus cultivés et sont envahis par les arbres et les taillis.

-Le paysage est mité par plus de 8500 résidences secondaires qui ne sont occupées que 3 semaines par an environ.

-Le site de Carnac est en DANGER-En effet, la ville de Carnac a un gros projet immobilier fin 2015 qui est situé à 200m du tumulus Saint-Michel. Dans ce secteur les vestiges

du Néolithique pullulent.

-La commune projette également un autre lotissement également à 200m des alignements du Ménec.

-Lors des fouilles préventives, les archéologues ont découvert un gros vase de stockage, une meule, un broyeur car il n' y avait pas que des installations funéraires ou reli-gieuses à Carnac mais aussi des habitations avec une population assez dense qui vivait ici au Néoli-thique. Ces découvertes constituent une bonne nouvelle dans l'optique

de l'inscription des mégalithes du Morbihan au patrimoine mondial de l'UNESCO. Ce dossier sensible est porté par le paléontologue Yves Coppens.

Espérons que nos dirigeants soient plus responsables et lucides pour préserver ce site remarquable.

Yvan MAUGENDRE


La chapelle saint Michel (Carnac)