Les châteaux du XXème de la région de Redon.

Le deuxième âge d'or des châteaux dans le pays de Redon au XIXème siècle

Depuis la Sologne en passant par l’Anjou, de la Vendée à la Normandie, du Vexin au Bourbonnais, toute la France se drape entre 1814 et 1914 d’un lourd manteau de pierre. Véritable 2ème âge d’or des châteaux, il s’en est construit plus en un siècle que dans tous les siècles précédents réunis. Le pays de Redon suit le mouvement, l’accompagne et l’illustre parfaitement. Toutes les communes sont concernées mais certaines le seront davantage comme Plessé, Guéméne-Penfao ou Bains-sur-Oust.

Le pays de Redon ne passe pas à côté de ce grand mouvement, de nombreux châteaux fleurissent dans nos vertes campagnes. En général de dimensions modestes, ces nouvelles résidences viennent remplacer les vieux manoirs ancestraux comme au château du Brossay à Renac ou bien draper de nouveaux habits un vieux logis comme au château de la Ville-Chauve aux Fougerêts, tout cela sans compter les multiples manoirs auquel est rajouté un décor, une extension ou de nouveaux intérieurs. Sur les 38 communes d'un Pays de Redon restreint à l'espace vécu, ce sont 107 demeures radicalement transformées ou construites ex-nihilo sur les 221 châteaux recensés.


Si le XIXème siècle fut si fécond en château c’est que les conditions étaient réunies. Une noblesse en quête d’identité et d’authenticité, une bourgeoisie montante et des élites politiques d’une France plus démocratique constituent le terreau de ce renouveau castral. 79 % des familles châtelaines ont de noms à particules et 21 n'en sont pas pourvus. Parmi ces familles l'on retrouve quelques grandes familles de constructeurs dont le du Halgouët et les de Pioger mais un grand nombre de notables se construisent de nouvelles demeures. Ces notables sont encouragés par des conditions économiques favorables, par un besoin d’acquérir une légitimité politique sur laquelle asseoir une possible carrière politique, par une reconquête religieuse des campagnes encouragée par l’Église et par une nécessaire refondation des dynasties affaiblies depuis 1789. Enfin, et de manière pragmatique, le renouveau des châteaux s’explique par le besoin impérieux de reconstruire et de mettre au goût du jour des résidences qui, entre 1780-1810, ont été largement oubliées, autre manière de faire table rase du passé.

Le château est un terme difficile à définir. Le modèle se renouvelle et de simples villas héritent de l'attribut « château » car finalement ce sont les résidents et l'espace qui définissent le château. Les domaines châtelains sont eux aussi renouvelés. Le soin de l'entrée, la mise en scène de l'arrivée, les dépendances et les arbres remarquables labellisent la maison. Dans le même temps le château concentre des activités élitistes dont témoignent orangerie, écurie, chapelle ou serre. Si le château est difficile à définir et si le XIXème siècle n'a pas bonne presse c'est à mettre sur le compte sur la variété des styles. Les formes de « néo » se multiplient mais il faut voir ces modes comme le réinvestissement des styles plutôt que leur pastiche. Certains architectes comme la famille Mellet, Louis Richelot, Auguste Beignet, Arthur Regnault diffusent leur modèle néo-renaissance, néo-classique, néo-gothique, éclectique, ou bien encore régionaliste. Cependant, quel que soit le style choisit par le commanditaire, les usages internes du château restent les mêmes. Les pièces de réception, les espaces ancillaires, les espaces privés, tout est codifié par de nouveaux usages, assez bourgeois hérités des milieux urbains. Dans ces espaces évoluent les maîtres et leurs invités venus partager une « partie de campagne » et les domestiques toujours en nombre, mais sans toutefois se mélanger.

Notre président présente Laurent Cario.

Une vue sur l'assemblée des participants à la conférence.

Monsieur Cario au cours de son exposé.

L'après midi la visite du château du Val en Saint-Just. La façade ouest.

Vue du château par sa façade Nord (Sous la pluie).

Les dépendances transformées aujourd'hui en maison d'hôtes pour l'accueil de groupes pour des chasses et diverses activités de nature, sur le domaine agraire du château.

La visite du château guidée par Laurent Cario était organisée en deux groupes successifs, Notre groupe attend dans le salon. une part importante du décor de la pièce est

en bois. au mur un tableau d'un port indéterminé.

Le bois du manteau de cheminée du salon porte les Initiales entrelacées sur deux rameaux d'olivier du constructeur et propriétaire du château Monsieur du Halgouët.

On retrouve les initiales également sur les très belles poignées de portes du salon.

Le domaine agraire du château comportait de nombreuse métairies, c'est dans cette pièce organisée en bureau que le propriétaire recevait ses métayers et toutes personnes

qui venaient au château pour affaire. En principe le visiteur se tenait debout devant le guichet comme monsieur Cario. Maintenant la pièce est organisée en salle de lecture,

elle est attenante à la bibliothèque.

Un bel escalier central en bois qui mène aux étages. où se trouvent les chambres, remarquez la superbe rampe. On remarque un grand usage du bois. pour lambrisser

les murs.

La cuisine du château, elle est toujours en usage pour faire les repas des convives de la Maison d'hôtes.

Un élément très intéressant du château du Val est sa lingerie

comportant des machines pour traiter le linge de la fin du

XIXème siècle.

Une machine à laver de grande capacité, remarquez le poêle à bois qui se trouve dessous et qui permet de chauffer l'eau pour la machine, A droite on remarque une poulie

et une courroie qui montrent que la machine tournait grâce à un moteur. A gauche on a l'alimentation en eau, chaude ou froide, au dessus de la porte ouverte du tambour et

contre le mur autour du tuyau de cheminée du poële, un bac en métal galvanisé permet de chauffer une réserve d'eau, à gauche une essoreuse à tambour vertical, également

mue par un moteur.

Gros plan sur l'essoreuse verticale. la poulie se trouve dessous sur l'axe du tambour.

Posée sur un bidon une essoreuse manuelle horizontale. Un robinet permet de vider l'eau. Cette machine pouvait aussi servir pour rincer des linges délicats.

Une tordeuse essoreuse à rouleaux, La pression exercée sur le linge est réglable.

Ci-dessous la notice d'utilisation de cette machine d'origine anglaise.

LES PLUS GRANDS PRIX

Londres 1862, Adelaïde 1867, Melbourne 83.

DIRECTIVES POUR UNE UTILISATION CORRECTE,

POUR VOS MATERIELS REPUTES, ENREGISTRES.

MACHINES TORDEUSES ET ESSOREUSES.

Lubrifier Les extrémités de chaque rouleau avec un peu de graisse ou d’une bonne huile à l’aide des orifices prévus

pour cet usage. Ne mettez pas trop d’huile mais un peu à chaque utilisation. Gardez toujours les roues et les

mécanismes propres, et préserverez ainsi un travail considérable.

Le ressort. Il faut faire attention à ne pas mettre plus de pression qu’il n’y a besoin pour proprement tordre ou essorer

les vêtements,  pour éviter d’user  et d’endommager les vêtements. Relâcher le ressort quand on ne l’utilise pas.

Les rouleaux. Garder la Machine hors des courants d’air, et aussi loin que possible du feu.  Des soins devront être pris

dans l’utilisation, de faire traverser les rouleaux de tous côtés  et de façon égale, et pas seulement par le centre. En

agissant ainsi ils dureront plus longtemps, et seront meilleurs pour l’essorage.

Les boutons et les cordons, marquent les rouleaux, les marques peuvent être enlevées en plaçant un linge humide

autour des rouleaux et en faisant ensuite tourner la machine un court moment.

Pour essorer seulement. Pour enlever les marques de boutons et d’autres marques sur les rouleaux.  Quand on prévoit

d’utiliser la machine pour essorer seulement, utilisez là une demi-douzaine de fois pour tordre des vêtements mouillés,

après ceci elle peut être utilisée pour essorer par la voie courante.

Un grand lavoir en ciment pour le rinçage du linge.

Notre Hôtesse nous montre le fonctionnement des grands volets d'aération du sèchoir.

La lingerie de la fin du XIXème siècle n'est plus utilisée des machines plus petites et plus pratiques ont été construites depuis, cependant le principe de base des machines

à tambour est resté identique. Les machines à laver européennes paraissent avoir adopté dès l'origine un tambour horizontal, ce qui permet une meilleure distribution du linge

en cours de lavage. La machine américaine qui existe encore aujourd'hui a un tambour vertical, entrainé par sa masse le linge mouillé a tendance à s'accumuler dans le fond de

la machine, pour une meilleure distribution la machine doit tourner plus vite et être plus agressive avec le linge.

Une machine par contre a disparu de nos buanderies, c'est la tordeuse-essoreuse à rouleaux.

En conclusion.

Les châteaux du XIXème siècle et du tout début XXème siècle marquent la fin du type de constructions connues sous la dénomination château. Ce genre de grandes demeures qui

s'est dévellopé après les Mottes féodales du haut Moyen-Age jusqu'au tout début du XXème siècle, sur plus d'un millénaire a évolué du château féodal à role défensif d'abord en bois

puis en pierre pour devenir à la Renaissance de grandes et riches demeures d'agrément et de prestige style qui a persisté jusqu'à la fin. Le château se construit plutôt à l'extérieur des villes, parce qu'il

lui faut de l'espace pour construire son environnement qui est composé autour du château d'au minimum un parc ou un grand Jardin. Dans la ville le château est remplacé par

l'hôtel particulier. De nos jours les gens fortunés continuent à se construire, en ville des hôtels particuliers, et en dehors de Grandes Villas.