VISITE DE FOUGERES LE 1ER OCTOBRE 2011.

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Le château – La ville médiévale – Le circuit industriel

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Plan de la ville fortifiée de Fougères

A 7h30 précises, 61 personnes de l'A.P.P.H.R. se présentent devant le cinéma Manivel pour le départ vers le château de Fougères.

A 10h, le car est devant le château. Deux sympathiques guides nous accueillent et nous présentent l'histoire de Fougères, sa position stratégique face aux Marches de Bretagne et son imposant château médiéval sans cesse fortifié devant les armes nouvelles.

I – LES MARCHES DE BRETAGNE

LES MARCHES MEROVINGIENNES (Ve - VIIIe siècle)

Après l'écroulement de l'EMPIRE ROMAIN, c'est le premier royaume breton qui voit le jour.

Les Marches à cette époque sont des territoires tampons mal définis avec d'un côté les BRETONS et de l'autre les FRANCS.

LES MARCHES CAROLINGIENNES (VIIIe – Xe siècle)

Après la victoire de Nominoë à la bataille de BALLON en 845, le royaume breton intègre dans son territoire la zone tampon des MARCHES.

LES MARCHES DE L'ETAT DUCAL (Xe – XIIIe siècle)

La frontière de la Bretagne est soumise à des avancées et à des reculs face à ses puissants voisins qui sont les Ducs de Normandie, les comtes du MAINE, de l'ANJOU et du Poitou.

LES MARCHES DANS LA TOURMENTE (XIVe – XVe siècle)

- La guerre de succession de Bretagne

-  La guerre de cent ans

- La bataille de Saint Aubin du Cormier en 1488 met fin à ces frontières de plus de 10 siècles.

II – LE CHATEAU

Le château de Fougères situé sur l'ancienne marche franco-bretonne est un exemple exceptionnel de l'évolution d'une grande forteresse du Xe au XVe siècle.

La vaste enceinte flanquée de 13 tours englobe près de 2 hectares. Son originalité est d'être en contrebas de la ville et d'utiliser un méandre du NANCON pour renforcer ses douves d'une seconde protection.

Vue générale sur le château de Fougères  l’église saint Sulpice, à partir du jardin public  ville haute.

L’entrée du château

Les 4 roues à aubes des moulins.

Un monstre vert hirsute attaque le château.

A  l’intérieur du château la tour de Coigny

● XIIe – XIIIe siècle : LE CHATEAU EN BOIS détruit par  LE SIEGE de Henri PLANTAGENET, puis LE CHATEAU EN PIERRE, lui aussi ASSIEGE,  par Louis IX (St LOUIS).

L'existence d'un castrum était connue par différents textes. Les fouilles de 1985 à 1988 ont permis d'en retrouver les traces.

En 1166, la forteresse originelle en bois est détruite par le roi d'ANGLETERRE : Henri PLANTAGENET qui veut punir le comte de Fougères RAOUL II d'avoir changé de camp, soutenant le duc de Bretagne contre les prétentions anglaises.

1173, le château est réédifié en pierre par RAOUL II.

L'entrée du château présente un intéressant exemple de tours romanes : TOUR COETLOGON encadrée de deux tours dont seule subsiste la base carrée de la TOUR de COIGNY.

Durant les années 1220 – 1230 de nouvelles luttes opposent le pouvoir royal du roi Louis IX, le duc Pierre MAUCLERC et le nouveau titulaire de Fougères, Raoul III qui a opté pour le parti français. Une forte menace pèse sur la frontière, d'un possible retournement d’alliance.

Vue à partir des remparts du château sur l’entrée de la ville close de Fougères

A gauche les tours Surienne et Mélusine (celle du fond).

L’église Saint-Sulpice vue du château

L’intérieur de l’église Saint-Sulpice

Dans une encoignure au-dessus du portail sud, Mélusine se coiffe avec sa main gauche, devant son miroir tenu main droite (pour l’artiste Mélusine était gauchère (sénestre)).

Vue à partir du chemin de ronde du château, dans le brouillard matinal du 1er octobre 2011, Eglise Saint-Léonard ville haute.

Dans l’église St-Léonard, ci-contre un fragment du vitrail du XIIe siècle, le plus ancien conservé de Bretagne (dans le médaillon), illustre la vie de Saint Benoit.

Le beffroi de Fougères de 1397, (le 1er construit de Bretagne).

Le musée Emmanuel de la Villéon, (maison à porche construite au XVIe siècle) et le clocher de l’église Saint-Léonard.

 une façon pour un immeuble de la fin du XIXème siècle, d’avoir une entrée monumentale sans trop empiéter sur la rue.

Façade du théâtre  Victor Hugo de Fougères de 1888.

1226, le duc Pierre MAUCLERC construit le donjon de SAINT AUBIN DU CORMIER en forme de défi contre le Roi et RAOUL III.

La défense et l'entrée primitive du château de Fougères est renforcée. Une enceinte avancée est construite jouant le rôle de barbacane. Elle est constituée de trois tours GUEMADEUC, HALLAY et LA HAYE SAINT-HILAIRE.

1256, Jeanne de FOUGERES épouse de Hugues XII de LUSIGNAN qui apporte beaucoup d'amélioration à la forteresse. Le donjon est maintenant intégré dans les murailles comme la grande tour cylindrique du GOBELIN (10m de diamètre et des murs épais de 3,50m)

Fronton de la scène du théâtre Victor Hugo avec l’écu de Fougères.

XIVè siècle : RENFORCEMENT DES PROTECTIONS/DEBUT DE LA GUERRE DE CENT ANS LE SIEGE de DU GUESCLIN

1307, Philippe LE BEL confisque FOUGERES concédée ensuite par les Rois de FRANCE à divers princes de leur famille.

La FRANCE va subir un long conflit (La GUERRE de CENT ANS) et la BRETAGNE (La Guerre de Succession).

1337-1360, la première phase de la Guerre de Cent ans est désastreuse pour la FRANCE (c'est le temps des défaites).

La tour du GOBELIN est rehaussée et complétée par la tour MELUSINE.

1373, du GUESCLIN s'empare de la ville. Il est chargé ''au nom du Roi'' de vider toutes les places bretonnes confiées à la garde des anglais par le duc Jean IV.

XIVe siècle : RENFORCEMENT DES PROTECTIONS/DEBUT DE LA GUERRE DE CENT ANS, LE SIEGE de DU GUESCLIN

1420-1440, la GUERRE de cent ans se poursuit et entraîne FOUGERES dans la tourmente.

Avec l’apparition de l'artillerie, la tour de COETLOGON est renforcée, la tour GUIBE est construite.

1428, Jean II prisonnier des Anglais vend son fief de FOUGERES au duc de BRETAGNE Jean IV pour réunir l'argent de la rançon, Le Duc décide de renforcer la forteresse devant une FRANCE de plus en plus entreprenante.

1431, une poterne de deux tourelles est accolée à la troisième enceinte. Ces tourelles sont munies de canonnières.

1499, siège de SURIENNE qui prend la forteresse.

1458-1488, le duc FRANCOIS II met en premier plan la défense des MARCHES de la BRETAGNE.

1480, deux tours RAOUL et SURIENNE, sont construites et adaptées à un usage exclusif de l'artillerie.

1487, la GUERRE est ouvertement déclarée entre la FRANCE et la BRETAGNE.

1488, la place tombe sous les coups de l'artillerie royale conduite par la TREMOILLE.

La bataille de SAINT-AUBIN de CORMIER sonne la défaite de la BRETAGNE devant la FRANCE.

Les troupes françaises prennent le château.

La frontière entre la FRANCE et la BRETAGNE disparaît et la BRETAGNE perd son INDEPENDANCE.

LES LOGIS

A l'intérieur des remparts, dans la vaste cour du château, les ruines du logis seigneurial. Sa chronologie depuis le Xe siècle est complexe.

Lors de l'incendie en 1166, la chapelle a été détruite. Du premier logis roman il ne subsiste que quelques traces.

Au XIVe siècle, le logis comprenait trois corps d'habitation. Ils étaient garnis d'immenses cheminées et de larges fenêtres. De la grande salle, il ne reste que sept piliers.

Côtoyant le logis seigneurial, se trouvait le logis du chanoine régulier qui desservait la chapelle du château.

Dans la cour des fouilles récentes ont mis au jour les vestiges de ce grand logis.

III – L'EGLISE SAINT SULPICE/LA VILLE BASSE

Après la visite du château, notre accompagnatrice nous emmène à l'Eglise SAINT SULPICE située en dehors des remparts. Ses origines remontent à la fondation de la ville. Elle fut construite au début du XVe siècle, dans un style flamboyant. Un des retables en granit est consacré à NOTRE DAME DES MARAIS. La statue très vénérée est du XIe siècle. Elle aurait été jetée dans un fossé lors du sac en 1166 et retrouvée en 1300.

L'autre retable en granit a été commandé par la confrérie des tanneurs.

Le chœur ne fut terminé qu'au XVIIIe siècle, après les guerres de religion. Le décor est entièrement lambrissé avec des dorures multiples.

En sortant par la porte Sud, un curieux bas-relief représente Mélusine peignant sa chevelure. Le clocher surmonté d'une fine aiguille de charpente surplombe les gargouilles des contreforts des chapelles.

Notre guide en profite pour nous montrer et nous expliquer l'histoire de la ville basse qui s'est développée au pied du château. C'est avant tout le quartier de l'artisanat né du NANCON : tanneurs, drapiers, teinturiers. Au XVe siècle, les moulins à eau se multiplient. L'enceinte urbaine de défense se greffe directement sur le château. (Voir la première photo du haut de la page 13).

IV – LA RESTAURATION GALON AR BREIZH

Dans une grande salle accueillante nous sommes installés par groupes de 9 personnes à des tables rondes.

Le menu est copieux et nous dégustons un pressé de canard au foie gras, dos de julienne en papillote de légumes frais et son coulis de crustacé, tarte du bocage aux pommes fondues meringuées, le tout accompagné de poiré et feuilletés chauds, vins, café.

V – VISITE GUIDEE DE LA VILLE HAUTE

Fougères atteint son apogée au XVe siècle.

C'est au cours des derniers siècles du Moyen-Age qu'elle achève l'effort de fortification et que l'enceinte urbaine complète la défense du château.

A pied et attentifs aux explications de notre guide, nous remontons vers la ville Haute.

Pas à pas nous découvrons les immeubles à deux ou trois étages sur arcades construits en granit ou en schiste.

Dans la rue nationale et dans les rues adjacentes de nombreux hôtels particuliers dont :

L'HOTEL de LARIBOISIERE : Construit pour le général de LARIBOISIERE baron d'EMPIRE de NAPOLEON.

L'HOTEL de MARIGNY : Habité par Marie-Anne sœur ainée de CHATEAUBRIAND

L'HOTEL de QUEBRIAC : Habité par BENIGNE sœur de CHATEAUBRIAND

L'HOTEL D'ANJOU de la GARENNE : Habité par Monsieur de FARCY époux de Julie sœur de CHATEAUBRIAND

L'HOTEL de la BELINAYE.

Nous continuons notre visite et arrivons sur les hauteurs du jardin où l'on perçoit le mieux la ville close entourée de ses remparts.

L'EGLISE SAINT LEONARD

Une seconde paroisse est construite au XVIe siècle pour desservir la ville haute. Cette église a subi de profonds remaniements au XIXe siècle. L'orientation a été inversée et la nef allongée et surélevée.

La célébration d'un mariage n'a pas permis à notre guide de nous faire visiter l'intérieur et d'admirer les quatre belles verrières du XVIe siècle. (c’est dans cette église que se trouve une partie du vitrail le plus ancien de Bretagne, voir la photo du bas de la page 13)

Nous retournons vers le centre de la ville, nous passons devant le célèbre BEFFROI du XIVe siècle, puis nous visitons le THEATRE VICTOR HUGO (XIXe siècle). Il fut longtemps fermé, pendant 30 ans, pour des raisons de sécurité. Il est maintenant restauré et ouvert aux spectateurs.

VI – LE CIRCUIT INDUSTRIEL

Si Fougères a été une ville à prédominance industrielle, le monopole de la chaussure s'est effondré. La production, victime de la concurrence asiatique, des délocalisations s'est spécialisée pendant un certain temps dans la chaussure le luxe, malheureusement cette activité tend aussi à disparaître. Il ne reste plus que les chaussures MARTIN;

Le salut de l'économie Fougeraise vient, pour le moment, des industries de haute technologie (électronique, mécanique de précision, optique, chimie fine, …..). Le tourisme est aussi une opportunité que FOUGERES se force de développer comme à GUERANDE notre dernière visite le 18 mai 2011 avant de retourner sur REDON nous jetons un coup d'œil sur le couvent des URBANISTES qui est l'ancien couvent des Clarisses au XVIIe siècle.

Une journée particulièrement appréciée par tous.

Yvan MAUGENDRE.

Une gargouille de la façade sud de St-Sulpice.

Gargouille de l'église Saint-Sulpice.

Gargouilles de l'église Saint-Sulpice.