A propos de la

Culture Bretonne.

Par Joseph LE DEROUT membre pour l’APPHR
du Conseil Consultatif de la Culture
et de l’Identité Bretonne de Redon,
complété et corrigé
par Emile GRANVILLE.

Piloté par le conseil consultatif de la culture et de l’identité bretonne, plusieurs actions ce sont déroulées cette année. Pour la plupart, elles se sont passées en mai. Ainsi, comme en 2008, les coureurs de la Redadeg, la grande course populaire pour la langue bretonne, ont été accueillis le 10 mai lors de leur passage à Redon, par un nombreux public. Des enfants des classes bilingues et des adultes redonnais les ont accompagnés en courant pendant les quelques kilomètres de la traversée de la ville, des coureurs partis de Rennes pour rejoindre Pontivy en se relayant jour et nuit. 

Ensuite, il y a eu la Fête de la Bretagne, le samedi 22 mai, qui coïncide désormais avec la Fest-Yves, c'est à dire la fête de la Saint-Yves, adopté comme patron de la Bretagne. Cette fête a été marquée par la participation des écoles bilingues breton/français de Redon, par la participation du Bagad Nominoë et de plusieurs cercles celtiques dont le cercle celtique de Redon, avec des danses bretonnes au fest-deiz et au fest-noz. En fin d’après midi, a eu lieu le concert du chanteur Jean Luc  Roudaut dans la cour de Saint-Sauveur près du chevet de l’abbatiale (un cadre magnifique accentué par un merveilleux soleil de printemps), son intervention a été particulièrement émouvante et plein d’espoir pour la langue bretonne quand les enfants bretonnants ont repris en chœur et avec enthousiasme  avec lui les chansons en breton.

Un autre moment fort a été aussi le mélange des musiques rythmées d’un ensemble de percussion invité de la fête et des cloches de l’abbatiale à la fin de l’office religieux du samedi après midi (pur hasard ?).

Cette fête, organisée par l'Entente Bretonne et la Ville de Redon, sous la houlette de sa présidente Elisabeth Chollet et de Brigitte Hascoët, présentait des spectacles très plaisants, mais surtout représentait un melting-pot culturel caractéristique de la Bretagne d’aujourd’hui, puisqu’on y trouvait  le français, le breton et le gallo. Les costumes aussi étaient divers, ainsi que les instruments de musique, d’un côté le biniou et la bombarde instruments celtiques par excellence, de l’autre la bouèze ou accordéon diatonique, désormais bien breton également, mais aussi un ensemble de percussions plus modernes. La fête de la Bretagne a des racines dans sa culture profonde, mais elle fête aussi son présent et son avenir. Elle tient compte aussi de ses adoptés, par exemple les Turcs de Redon ont aussi participé à cette fête en parant leurs enfants de leurs costumes traditionnels colorés. Ils peuvent les porter fièrement, ils sont tellement beaux.

Cette fête a réuni un public nombreux. On constate une progression de la participation des Bretons à cette fête qui devient une manifestation importante pour l’ensemble de la Bretagne, ceci est vrai aussi pour Redon.

Zone de Texte:

Comme tous les ans, Bernard Bonraisin, président de l’Association Bretonne de Redon, a organisé un concours de textes en breton cette année : le thème était le repas. Une centaine de personnes, parfois de loin, du Finistère, ou même de l'école Diwan de Saint-Herblain, ont proposés des textes. Il y a eu des recettes de repas traditionnels, d’autres ont proposé des repas de sorcières. Il était parfois amusant d’entendre la composition de certains menus: bave de crapaud, etc. Evidemment les textes étaient départagés en catégories, et les prix étaient distribués par niveaux.  Il faut persévérer dans ces concours pour développer et transmettre le breton aux générations futures.

Karantez ur vamm gorrigan

Korrigan, ur gontadenn lavaret din gant ma mamm-gozh. Marigortin Norvez.

Ar gorriganed zo tud a vev kozh, pemp kant pe c’hwec'h kant vloaz. Met int a chom bihan, n'int ket kaer uheloc'h evit ur bern kaoc’h-kezek anezhe. Ar gorriganed a vev e-touez an dud, met ne vezont gwelet nemet e-pad an noz du pe e-barzh kornioù du an tier.

Ur wech e oa ur vamm gorrigan, skuizh da c'hortoz he c'hrouadur da vrasaat (bugaled korriganed a lak kant vloaz evit bezañ tud deuet), a oa aet tre e-barzh un ti ha tapet ganti krouadur Marivon hag a oa o ouelañ e-barzh e gavel, hag hi da lakaat he hini en e blas.

Daou vloaz war-lerc'h, mab Marivon ne oa ket brasoc'h evit ur poupig daou viz anezhañ, hag  honnezh d'en em lavaret: « Petra zo digouezhet gant ma c’hrouadur ?», hag hi da vont da welet ur sorserez gant he mabig, evit goulenn diganti petra gober. Ar sorserez a lavaras da Marivon: « Ar c’hrouadur-mañ n'eo ket da vab anezhañ, hemañ zo ur c'horriganig, hag ho hini zo bet laeret diganeoc'h, marteze gant mamm ar c'horriganig ». « Evit kavout ho mab en-dro,  kit d'ar gêr,  lakait ur bodezad eoul war an tan hag a-benn ma ouelo ar c’hrouadur e hopot kreñv warnañ: « Serrit ho peg, peotramant me a daolo ac'hanoc'h e-barzh an eoul berv! ». Hag un tammig war-lerc’h, « N'ho peus ket serret anezhañ, me zo o vont diouzhtu da deurel ac'hanoc'h  e-barzh an eoul».

Marivon zo deuet d'ar gêr ha graet ar pezh zo bet lavaret dezhi gant ar sorserez, ha ne oa ket echu bezañ hopet ganti: « Me zo o vont diouzhtu da deurel ac'hanoc'h e-barzh an eoul», ken m' eo deuet ar vamm gorrigan er-maez eus a-dreñv an armel, mab Marivon war he brec’h en ur lavaret:  « Me zo ur vamm gorrigan, daou c’hant vloaz war bouez unan, james n'em eus gwelet ur vamm ken kriz ha c'hwi.» Hag hi he deus tapet he c’hrouadur ha lakaet hini Marivon e-barzh e gavel en ur lavaret: « Ma vez dav deoc'h lakaat da verviñ ur c’hrouadur, bervit ho hini». 

Korrigan, un conte que m’a raconté ma grand’mère.

Les korrigans sont des gens qui vivent vieux, cinq cents à six cents ans. Mais ils restent petits, ils ne sont guère plus grand qu’un tas de crottin de cheval. Les korrigans vivent parmi les gens, mais on ne les voit que pendant la nuit noire ou dans les coins noirs des maisons.

Il était une fois une mère korrigan qui en avait assez d’attendre que son enfant grandisse, (les enfants korrigans mettent 100 ans pour devenir adulte). Elle entre dans une maison et prend l’enfant de Maryvonne qui pleure dans son berceau, et met le sien à la place.

Deux ans plus tard, le fils à Maryvonne n’était pas plus grand qu’un bébé de deux mois, et celle ci se disait: « Qu’est t’il arrivé à mon enfant ? », et elle va voir une sorcière pour lui demander ce qu’il faut faire. La sorcière dit à Maryvonne: «  Cet enfant n’est pas le tien, celui-ci est un korrigan, et le tien a été volé, peut être par la mère du petit korrigan ». « Pour trouver ton enfant va à la maison? Met une bassine d’huile sur le feu, et quant l’enfant pleurera, tu crieras fort : « Tais-toi ! Sinon je te jette dans l’huile bouillante ». Puis un peu plus tard : « tu ne l’as pas fermée? Je vais tout de suite te jeter dans l’huile »;

Maryvonne est revenue à la maison et elle fait ce que la sorcière lui a dit, et elle n’a pas  fini de crier « je vais te jeter tout de suite dans l’huile » que la mère korrigan est sortie de derrière l’armoire, le fils de Maryvonne sur le bras, en disant: « Je suis une mère korrigan de deux cents ans moins un an, jamais je n’ai vu une mère aussi cruelle que toi. » Et elle a pris son enfant et mis celui de Maryvonne dans le berceau en disant: « S’il te faut faire bouillir un enfant, bout le tien !»

Remarque d’après moi étymologiquement korrigan  korrig= petit nain, gan=né veut dire né petit nain.