I - MALESTROIT.

Le site de Malestroit est situé rive droite de l’Oust, la rivière a été très tôt utilisée pour la navigation fluviale. Le transit par l’affluent de la Vilaine entre Redon et Malestroit a été amélioré dès le XVIème siècle par la construction de la première écluse à sas de France  au niveau de Beaumont en Saint-Laurent sur Oust entre Peillac et Malestroit, (c’est aussi à cette époque que la Vilaine a été canalisée entre Redon et Rennes). A partir de la construction du canal de Nantes à Brest la navigation devint possible jusqu’à Brest, Hennebont par Pontivy et Nantes par Redon. Très tôt, comme à Redon, après transbordement dans des bateaux fluviaux, (Probablement à Redon, mais peut-être aussi à Aucfer ou Rieux), les marchandises provenant par la mer ont pu être remontées jusqu’à Malestroit.

Naissance et développement de la ville à partir de la fin du Xème siècle.

L’île Notre-Dame, au milieu de l’Oust, fut le berceau de la cité. Au XIème siècle s’y élevait le château des Seigneurs de Malestroit. A son emplacement au 17ème siècle fut fondé le couvent Notre-Dame-des-Augustins dont il reste un pavillon de 2 étages.

La famille de Malestroit fut une des familles influentes de Bretagne. Ce fut elle qui construisit à Elven le château de Largoët (donjon de 44m).

A partir de 1451 Malestroit est devenue une des neuf baronnies de Bretagne.

Puis la ville a occupé la rive droite de l’Oust, autour de l’église Saint-Gilles du XIIème siècle. L’édifice a été construit en plusieurs étapes, d’abord un édifice roman qui avait probablement la forme d’une croix latine, comme de nombreuses églises de cette époque.

La ville fut fortifiée en 1463, mais les murailles furent fortement dégradées 100 ans plus tard, les ligueurs jusqu’en 1592 prirent la cité et la démantelèrent 3 fois. Une restauration des murailles était envisagée en 1781 mais les circonstances locales et la Révolution de 1789 s’y opposèrent. Il en reste des vestiges. La ville fortifiée était entourée de douves, un système de vannes permettait de les mettre facilement en eau à partir de l’Oust.

Le patrimoine de Malestroit.

Place du Bouffay jusqu’en 1922 on voyait la halle médiévale du style de celle de Rochefort  en Terre.

La maison de la truie qui file du 15ème siècle au coin de la rue du général de Gaulle. On y voit des figures amusantes, une truie qui file, un lapin jouant du biniou et un bourgeois tenant sa femme par les cheveux lui fait la morale avec un bâton.

La maison de la truie qui file à l'angle de la rue, Maison à pans de bois et en encorbellement du XVIème siècle.

Un homme corrige sa femme avec un bâton.

La truie qui file.

La maison du pélican, à pans de bois, ci-dessous l’oiseau sculpté appliqué contre la poutre cornière de l’angle nord-est symbolise la charité chrétienne.

 

A l’écart du centre de la cité route de Ploërmel dans un faubourg rive gauche de l’Oust, fut élevée au XIIIème siècle la chapelle de la Madeleine, il n’en reste que le pignon sud.

En 1343 les belligérants de la guerre de succession de Bretagne signèrent dans cette chapelle la trêve de Malestroit. Jean de Malestroit invité à Paris fut décapité traitreusement par Philippe VI de Valois.

L’église Saint-Gilles : le début de la construction remonte de la fin XIème au XIIème siècle à l’époque romane, au-dessus d’une source sacrée, captée plus tard par une fontaine, (elle est encore visible au chevet de l’édifice).

De l’époque romane dans l’église agrandie et remaniée à plusieurs reprises restent le chœur, le carré du transept, des chapiteaux.

A la suite de l’incendie de 1592 on reconstruisit la nef en l’agrandissant par une sorte de 2ème nef. Au 16ème siècle on utilisa pour orner la façade sud des chapiteaux et des sculptures romanes provenant de l’église du 11ème ou 12ème (Entre autres, un très beau taureau, dessous un ivrogne léchant un tonnelet à droite du portail,

et à gauche, un lion chevauché (s’il s’agit d’un roi, la sculpture symboliserait l’orgueil). 

Intérieur de l’église.

Dans la partie romane sont à voir sous la voûte sous le clocher les fresques médiévales récemment mises à jour et restaurées (Un centaure, une licorne, un éléphant portant un palanquin). Remarquez les arcades romanes en arcs brisées, semblables à celle de Saint-Gildas-des-Bois. Ainsi que le chevet en cul de four.

Voyez   aussi des sablières ouvragées mises en place après la reconstruction suite à l’incendie de 1592.

Dans la nef on remarquera des vitraux (ils ne sont pas tous visibles à cause des travaux de restauration).

A voir aussi une très belle piéta en bois polychrome du XVIème siècle, sauvée des bûchers révolutionnaires par un paroissien.

Sur le mur ouest est suspendu un calvaire en bois du XVIème. La chaire est ornée de sirènes.  

Dans la maison du Pass'temps ont été découverts des plafonds à poutres peintes du XIIème siècle.

II - LE MANOIR DE BALLANGEARD.

Chacun sur son pilier de part et d’autre de la grille Monsieur à gauche et Madame à droite en habits d’époque, nous incitent à entrer dans leur beau manoir du XVIIème siècle.

Cette belle demeure du XVIIème siècle a été restaurée et conservée dans son style d’origine grâce à l’opiniâtreté de M. et Me LE PALLEC les propriétaires du lieu qui sont aujourd’hui nos hôtes.

Le manoir est le siège de l’association du patrimoine de Ruffiac, « Le cercle d’archéologie et d’histoire de Ruffiac » dont Monsieur   Le Pallec est le fondateur et le président.

Ci-dessus un détail, la dame de l’entrée et derrière elle, les trous du pigeonnier. Le nombre des trous était proportionnel à la taille du domaine du manoir.

Façade arrière du manoir avec la tour de l’escalier, photo prise en 2002, lors d’une précédente visite de l’APPHR.

Autres détails: les commodités d'époque. le manoir est meublé de meubles: d'époques ou anciens.

Détail de la broderie d'un manteau de cheminée, ainsi un détail d'un canapé de la même époque.