Vue de l'abbatiale de Saint-Gildas de Rhuys par son chevet. Le choeur comporte une abside et deux absidioles, une au nord et une au sud. Le bras du transept nord on constate la présence d'une absidiole.

Détail du chevet montrant le panneau en tuffeau sculpté d'une joute de deux cavaliers, tournoi ou combat?. sous la corniche en pierre supportée par des modillons sculptés de têtes.

L’ABBAYE DE SAINT-GILDAS DE RHUYS.

L'histoire de Saint-Gildas-de-Rhuys commence vers 536, lorsque le moine breton Gweltas (Gildas) quitte la Grande-Bretagne pour se retirer dans l'île de Houat. La petite île ne suffit bientôt plus pour recevoir tous les disciples de l'ermite dont la renommée grandissait de jour en jour. Le comte Guerech, alors seigneur du pays de Vannes, lui fait don d'un château qu'il possédait dans la presqu'île de Rhuys et  Gildas le convertit en monastère. Ainsi fut fondée l'abbaye dont il devint le premier abbé. Il y sera enterré en 565. 

L'abbaye Saint-Gildas-de-Rhuys tombe ensuite en ruine. Sur demande de Geoffroy Ier alors duc de Bretagne, elle est reconstruite en 1008 par un moine appelé Félix. A partir de 1506, l'abbaye de Rhuys tombe à nouveau en ruine. En 1649, les Bénédictins de St Maur prennent alors possession des lieux et restaurent l'abbaye qui restera leur résidence jusqu'à la veille de la Révolution. Elle sera reconstruite après 1653. 

L'abbaye de Saint-Gildas-de-Rhuys est revendue comme bien national en 1789. Saint-Gildas-de-Rhuys est édifié en commune en 1790.

On rencontre les appellations suivantes : Sainct Goustan en l'isle de Ruis (en 1427), Sainct Goustan en l'isle de Ruys (en 1441), Sainct Guedas de Reuys (en 1448).

L'église Saint-Gildas (XIème siècle), bénite et consacrée le 30 septembre 1032 par Judicaël, évêque de Vannes, puis restaurée au XVII-XVIIIème siècle et au XIXème siècle. Le chœur est probablement reconstruit à la fin du XIème ou au début du XIIème siècle. En 1580, l'abbé Jean de Quilfistre fait quelques réparations, mais en 1598 le visiteur des Bénédictins constate le grand délabrement de l'église. C'est seulement après la réforme de Saint-Maur, en 1649, que des réparations sérieuses sont entreprises. Un procès-verbal de visite de 1678 constate que le chœur et le chevet avaient été remis en état. La nef, en ruine au XVIIème siècle, est rétablie en 1699 par l'architecte vannetais Olivier Delourme (marché passé le 19 septembre 1699).

A droite au cours des restaurations de 2005

La tour romane, détruite en 1668, est remplacée en 1699 par une tour carrée d'inspiration classique, proposée par l'architecte Delourme : elle est terminée en 1705. Le 28 mars 1836, une tempête abat le croisillon Sud, médiocrement reconstruit en le diminuant en hauteur. L'église a été restaurée ensuite en 1875 par Edouard Corroyer.

- Chœur - Le chœur comprend deux travées droites, voûtées en berceau, limitées par des piliers cruciformes à colonnes engagés. L'abside, voûtée en cul-de-four, est entourée de quatre colonnes reliées par des arcs en plein cintre très surhaussés, au-dessus desquels règne un rang de sept arcades aveugles. Le déambulatoire est voûté d'arêtes et les chapelles rayonnantes en cul-de-four. La chapelle Sud et le mur jusqu'au croisillon sont la partie la plus ancienne de l'édifice et datent du XIème siècle, de l'église de Saint-Félix. Les deux travées droites et le déambulatoire sont de la fin du XIème siècle, tandis que la chapelle Nord et la chapelle d'axe, dont les trois fenêtres en plein cintre à double archivolte ne sont ébrasées qu'à l'intérieur alors que celles de la chapelle Sud présentent les mêmes dispositions des deux côtés, sont du milieu du XIIème siècle.

Transept - Le carré du transept, dont les piles occidentales ont été refaites en même temps que la nef, était recouvert d'une coupole sur pendentifs. Les croisillons, dont les murs, sauf celui du pignon Sud, appartiennent à la fin du XIème siècle, n'ont jamais été voûtés: leur charpente fut refaite ainsi que la pointe des pignons, à la fin du XIVème siècle. Le carré supportait jadis une tour surmontée d'une flèche en charpente et flanquée d'une tourelle d'escalier. Cinq fenêtres en plein cintre, aujourd'hui bouchées, éclairaient chaque croisillon. Contre le mur du croisillon Nord fut appliquée, au XIIème siècle, une construction épaisse, composée de deux voûtes profondes formant deux grands enfeus géminées, séparés par un pilier massif. A la même époque, le croisillon Nord fut pourvu d'une absidiole, qui semble n'avoir jamais existé au croisillon Sud : celui-ci subit d'importantes modifications aux XVIIème et XIXème siècles.

- Nef - L'ancienne nef n'était pas voûtée, mais uniquement recouverte d'une charpente lambrissée qui s'écroula au milieu du XVIème siècle. Les murs qui la soutenaient reposaient sur de grosses colonnes aux chapiteaux ornés de feuilles plates, de rinceaux et de crossettes, dont deux subsistent et servent de bénitiers (photos ci-dessus). Les bas-côtés, assez étroits, étaient probablement voûtés en quart de cercle. La nef actuelle date entièrement du XVIIème siècle. Le chevet demi-circulaire et le bras nord du transept, à absidioles, sont les seuls vestiges romans, restaurés de 1875 à 1890. A remarquer sous la toiture, quelques sculptures (masques humains ou d'animaux, comme un âne, un ours, un musicien, etc.).

- Extérieur - Dans le mur de la chapelle du chevet sont encastrés trois morceaux de pierre sculptés représentant, au Sud un ours, au milieu un homme portant un objet indéterminé sur l'épaule et, au Nord, deux cavaliers qui s'élancent l'un contre l'autre. Des modillons sculptés, représentant surtout des têtes d'hommes ou d'animaux, et dont un petit nombre seulement sont anciens, soutiennent la corniche des chapelles, sauf à la chapelle Sud. Les contreforts de ces trois chapelles, comme ceux du croisillon Nord, sont en grand appareil de granit et montent directement jusqu'à la corniche.

- Mobilier - Le retable du maître-autel (qui formait jadis le fond du chœur) date du premier tiers du XVIIème siècle : il a été mis dans le bras ou croisillon Sud en 1880. Ce retable est caractérisé par un décor de volutes, d'angelots, de pyramidions et de frontons. (Photo ci-contre à gauche)

Un tableau représentant le "Supplice de la Croix" surmonte l'autel. L'église contient une collection intéressante de pierres tombales, du XIème au XVIIIème siècle, parmi lesquelles il faut signaler celles de saint Félix et de Rioc sous les enfeus du croisillon Nord (XIème siècle), celle de saint Goustan (XIème siècle), et surtout celles des enfants de Bretagne morts en bas âge au château de Sucinio : Thibaut Ier (décédé en 1246), Aliénor (décédé en 1248), Thibaut II (décédé en 1251), Nicolas (décédé en 1251), Jeanne (décédée en 1388). Cette dernière pierre tombale est sculptée en haut-relief et représente une jeune fille, les mains jointes, les pieds sur une levrette, la tête sous une couronne ducale que tiennent deux anges. (Photo ci-contre à droite)

-Le trésor, conservé dans la sacristie, comprend plusieurs objets précieux : une châsse en bois du XIVème siècle, don d'un duc de Bretagne, recouverte de cuivre, avec toit à double rampant, et aux deux pignons : le Christ en croix entre Jean et Marie, - le bras reliquaire de saint Gildas du XIVème siècle, - le genou de saint Gildas (âme de bois recouverte de lames d'argent doré, avec porte simulant une fenêtre flamboyante finement découpée) du XVème siècle, - la jambe de saint Gildas du XVème siècle, - le chef dit de saint Gildas (âme de bois recouverte d'argent rehaussé d'or par endroits) du XVIème siècle, - une mitre brodée, attribuée par la tradition à Abélard, mais qui n'est pas antérieure au XVIème siècle, où sont figurés, d'un côté la Vierge et saint Jean, de l'autre saint Gildas et saint Félix, - un petit calice du XVIème siècle sur pied polylobé, - une châsse en argent repoussé faites à Vannes en 1731, - une croix processionnelle en argent du XVIIIème siècle qui est en réalité un crucifix reliquaire de la Vraie-Croix qui porte sur le pied les armes des Monti et une série de médaillons. A noter pour terminer, qu'il subsiste quelques éléments de l'abbatiale du XIème siècle : le chœur, le transept, les tombeaux des abbés (XI-XVIIIème siècle), dont celui de Saint-Gildas qui repose sous une pierre tombale, derrière le maître-autel. On y trouve aussi le tombeau de Jeanne, fille de Jean IV, duc de Bretagne (1388)

LE CAIRN DU PETIT-MONT.

De gauche à droite le cairn du Petit-Mont vu du ciel, derrière Port Navalo ,et l’entrée du Golfe. Au centre une pierre gravée de l’intérieur, cairn III, (une fleur ?), à droite une pierre gravée qui a disparue depuis 1943 lors de la construction du blockhaus, intéressante par les deux pieds (probablement pas néolithiques).

Le cairn du Petit Mont fut construit en plusieurs étapes. Sa construction aurait débuté aux environs de 4600 av.JC par un tertre bas. Un premier cairn fut édifié vers 4500 av.JC, il ne comportait pas de chambre ni de dolmen, il était de forme trapézoïdale et mesurait environ 30 mètres de long sur 20 mètres de large. Une première extension datant de 4000-3500 av. JC y ajoute un dolmen à couloir et à chambre simple. Sur les huit piliers de la chambre six sont décorés ainsi que trois piliers du couloir. Une stèle-idole est au sol et le plafond porte une représentation d'idole anthropomorphe. Vers 2700-2500 av. JC le cairn est étendu en englobant les premières constructions, le premier dolmen est condamné; deux nouveaux dolmens à chambre simple sont créés. La chambre qui subsiste aujourd'hui présente des décorations plus abondantes que la première chambre; 12 dalles y sont décorées de motifs variés.

En 1943 un blockhaus est construit au sein du cairn, un des deux dolmens est détruit avec sa chambre. Cette construction permit de redécouvrir la première chambre qui avait été condamnée.

Aujourd'hui Le cairn mesure 50 m d'est en ouest et 53 m du nord au sud pour un volume 10 000 m3 de pierres.

Ci-dessous vue panoramique du Cairn du Petit-Mont par sa face nord, le 17/4/2006.

LE CHATEAU DE SUCCINIO.

Conçu comme demeure de loisirs, entre une forêt giboyeuse et le bord de mer, le château s'est fortifié ultérieurement.

Le premier logis, un manoir pour la chasse, est bâti pour le duc de Bretagne Pierre de Dreux, en 1218.

En 1229, son fils, Jean Ier le Roux poursuit la construction du château, et fait clôturer une bonne partie de la forêt de Rhuys qui deviendra des parcs de chasse, et pour ce faire, détruit un petit monastère, le prieuré de Saint-Pabu.

Agrandi à la fin du XIVe siècle, les héritiers du duché se battent pour préserver leur patrimoine. Jean IV et Jean V entreprennent des travaux de consolidation et la construction d'une nouvelle tour. Une casemate sera aménagée pour abriter des pièces d'artillerie au XVe siècle. Le château est progressivement abandonné puis devient propriété de la couronne de France sous François Ier (1515-1547) qui le donnera un temps à l'une de ses maîtresses.

La fontaine dite de la Duchesse, près du village de Folperdrix (au nord de Suscinio), alimentait en eau le château, par des conduits souterrains.

En 1798, le château, déjà très dégradé,  est vendu pour cinq mille francs comme bien national à un marchand qui l'exploite comme carrière de pierres à bâtir[6].

Acheté en 1852 par le vicomte Jules de Francheville, sa famille fait tout son possible pour sauver l'existant jusqu'au rachat en 1965 par le Conseil général du Morbihan qui entreprend sa restauration[7].

En 1975, on découvre une chapelle (incendiée en 1370) à proximité, qui possède un pavage remarquable, d'environ 300 m2. Celui-ci est démonté et exposé dans les salles du château.

Au début du XXIe siècle, le château de Suscinio a retrouvé sa forme de forteresse médiévale intacte, même si les travaux continuent. C'est un monument ouvert à la visite, il abrite des expositions et quelques manifestations estivales.

Le texte de Saint-Gildas de Rhuys provient du site Histoire et Patrimoine de Saint-Gildas de Rhuys :

adresse : http://www.infobretagne.com/saint-gildas-de-rhuys.htm

Les textes du Cairn du Petit-Mont et du château de Succinio proviennent de Wikipedia.

Adresses:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Petit_Mont_(Arzon)

  http://fr.wikipedia.org/wiki/Château_de_Suscinio

Les photos proviennent pour le Petit-Mont de la revue Documents Archéologiques de l’Ouest « Le Petit-Mont » écrit par Joël Le Cornec. Les autres photos, plus le panoramique du Petit-Mont sont de J. LE DEROUT.

Autour des titres et ci-dessous des photos des très belles tommettes du pavage de l’ancienne chapelle, reconstitué et exposé dans le château.