L’APPHR  VISITE VITRE LE SAMEDI  6 OCTOBRE 2013

Vue panoramique sur la façade Est du château de Vitré (l’entrée principale).


L’histoire du château de Vitré.

Vers 1010, un premier château en bois fut construit par le baron Riwallon de Vitré à l'emplacement actuel de l'église Sainte-Croix. Ce château fut incendié à de nombreuses reprises et un nouveau château en pierre fut bâti quelques années plus tard.

À Vitré, le château en pierre a été construit par le baron Robert Ier de Vitré à la fin du XIe siècle. Le site défensif choisi est un promontoire rocheux qui domine la vallée de la Vilaine. Cet édifice, dont il subsiste encore un porche de style roman, succède à un château en bois bâti sur une motte féodale vers l'an 1000. Le baron André III, pendant la première moitié du XIIIe siècle, le rebâtit et lui donne sa forme actuelle, triangulaire, dominée par un gros donjon circulaire, qui suit le sommet de l'éperon rocheux, entouré de fossés secs.

La chapelle récemment restaurée.

À sa mort, le domaine échoit par alliance à la famille des Comtes de Laval. Guy XII de Laval agrandit le château au XVe siècle. C'est à cette époque que sont réalisés les derniers ouvrages défensifs : châtelet avec double pont-levis à flèche, tour de la Madeleine, tour Saint-Laurent (ultérieurement percée de canonnières). Pourtant, en 1487, Guy XV de Laval l'ouvre aux troupes françaises, sans combattre.

A  partir de la fin du XVe siècle et au XVIe siècle, ce sont les aménagements de confort qui prévalent : construction de galeries de circulation et d'un oratoire de style renaissance (en 1530). Le Parlement de Bretagne s'y réfugie à trois reprises (1564, 1582 et 1583) lors des épidémies de peste qui sévissent à Rennes.

Avec les familles des Rieux et Coligny, propriétaires du château entre 1547 et 1605, Vitré abrite le culte protestant et devient pendant quelques années un bastion huguenot. En 1589, la forteresse résiste à un siège de 5 mois du Duc de Mercœur.

En 1605, après la mort de Guy XX de Laval, le château devient la propriété de la famille de La Trémoille, originaire du Poitou. Le château est abandonné au XVIIe siècle et se dégrade, notamment avec l'effondrement partiel de la tour Saint-Laurent et l'incendie accidentel qui a détruit le logis seigneurial à la fin du XVIIIe siècle.

Une prison départementale est construite à la place du logis seigneurial et occupe toute la partie Nord, y compris la Tour de la Madeleine. La prison devient garnison lors de l'arrivée du 70e régiment d’infanterie de 1867 à 1877.

Le Château est acheté par l'état au XIXe siècle. En 1872, il est l'un des premiers châteaux classé monument historique en France et restauré à partir de 1875 sous la direction de l'architecte Darcy. Passé dans le domaine public, on y aménage un petit musée, en 1876, sous l'impulsion d'Arthur de La Borderie. Paradoxalement, ce dernier fait détruire la collégiale de la Madeleine, située sur l'avant-cour du Château alors qu'il était conservateur de la ville! Une école de garçons est construite à la place...

De nos jours, l'hôtel de ville de Vitré est installé à l'intérieur de l'enceinte du château, dans un bâtiment reconstruit en 1912 selon les plans du logis médiéval.

Le plan de la ville close de Vitré.


Légende du plan : en gras les éléments existant, en italique les éléments disparus


          

1 : Chapelle Saint-Julien (extrémité Ouest du promontoire) et Fausse-Braie (au Nord)            

2 : Poterne Saint-Pierre (ou du Val, ou Bel-Hôte ou encore Poterne aux Chevaux)      

3 : Tour aux Chèvres     

4 : Tour Rompue ou Tour de la Fresnaye            

5 : Tour du Géomètre  

6 : Tour Doré    

7 : Tour des Prisonniers   Inscrit MH

8 : Porte d'En Haut (matérialisée entre la Rue Notre-Dame et la Place de la République)

9 : Tour de la Bridole ou Tour du Coin ou Tour du Marché   Inscrit MH

10: Demi-tours

11: Tour des Claviers     

12: Tour de Sévigné

13: Porte Gâtesel (dont la grosse Tour Gâtesel située à l'Ouest de la Rue Garengeot)

14: Tour de Beaucé ou du Fer à Cheval

15: Porte d'Embas (Tour Sud)   Inscrit MH

15: Porte d'Embas (Tour Nord)

16: Barbacane (matérialisée sur la Place Saint-Yves)

17: Contrescarpe (quelques éléments subsistent autour du Parking Rue Rallon)

18: Barbacane

19: Éperon         


La tour de la Bridole, récemment restaurée.

L'enceinte d'André III

André III, baron de Vitré, fait construire les remparts de Vitré. Cette seule et unique enceinte urbaine a été construite dans les années 1220 à 1240 sur les contours de l'éperon rocheux où est construit le château et le Vieil Bourg, noyau urbain en développement autour de l'Église Notre-Dame. Vingt-quatre maisons sont détruites, l'hôpital Saint-Nicolas est déménagé dans le bourg du Rachapt sur la route de Saint-Malo pour le creusement des fossés. Le schiste luisant venant des fossés sont utilisés pour la construction. Les ressauts sont en grès de Vitré et de couleur beige

Le coin nord-ouest des remparts de Vitré.

Le couvent des Bénédictins et l’église Notre Dame de Vitré.


La  façade ouest de l’église Notre-Dame de Vitré.

Le prieuré Notre-Dame (XVIIème siècle), situé rue des Bénédictins. Au XIème siècle, les chartes citent une église collégiale sous le vocable de Notre-Dame et une église paroissiale sous celui de Saint-Pierre. En 1116-1132, les chanoines sont remplacés par les bénédictins de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes. Tombé en commende au XVIème siècle, le prieuré est donné en 1658 à la Congrégation de Saint-Maur. Cet ancien prieuré bénédictin, relevant de l’abbaye Saint-Melaine de Rennes, est reconstruit au XVIIème siècle par les mauristes. Après un premier projet de reconstruction sur un plan en 1659, le plan du père Georges Lebret est accepté en 1661. Les travaux dureront de 1662 à 1671. Les bâtiments anciens sont rasés et remplacés par un jardin. Le monastère est disjoint de l'église. Cinq ou six moines y résident jusqu'à la suppression du prieuré en 1790. Les bâtiments du Prieuré étaient occupés par la Sous-Préfecture et le Tribunal (jusqu'en 1925), ainsi que par la mairie jusqu’en 1912-1913 ; 


Photo de droite un immeuble à colombage sur deux niveaux (une rareté en Bretagne), à l’angle de la rue Sévigné  à gauche et la rue de la Poterie  à droite où les vieilles maisons à pans de bois surmontent une galerie marchande photo ci-dessous